Entretien exclusif du Quotidien National El Watan avec le Professeur Abdelmalek Danoune. DG du CHU de Béjaïa


Le 21-02-2018


«Le départ de chirurgiens vers le privé est un phénomène national».

Nous avons suivi ces jours-ci une certaine polémique en rapport avec le service de chirurgie générale du CHU.
Y a-t-il malaise ?
Plutôt que de parler de malaise, je dirai qu’il y a dynamique positive où l’objectif institutionnel est jalousement conservé. Je m’explique : on parle de départ dans le privé de certains chirurgiens. En effet, c’est une réalité et c’est un phénomène national.
De grands professeurs de chirurgie, de cardiologie, de néphrologie, de radiologie et d’autres spécialités encore sont partis s’installer dans le privé. Ce n’est pas une réalité bougiote, c’est national. Concernant le CHU de Béjaïa, je dirai que ceux qui sont partis l’ont fait par choix et non parce qu’ils y ont été poussés. Si c’était le cas, le partenaire social, le syndicat des praticiens spécialistes, m’aurait interpellé immédiatement.
En effet, j’ai eu à expliquer dans des réunions avec les partenaires concernés les motivations des uns et des autres et en partageant avec eux les défaillances constatées sur le terrain. Quand l’accompagnement est nécessaire pour améliorer les pratiques, donc le service rendu, nous le faisons. A ce jour, deux formations sur l’accueil et l’orientation ont été organisées et d’autres sont au programme concernant tous les corps.
C’est quand même dommage de venir rappeler que le patient nécessite de l’écoute et de l’empathie. Nous sommes tous responsables chacun à son niveau et nous devons tous assumer. A ceux qui parlent d’aventuriers au CHU, je réplique en rappelant que notre seul objectif est de permettre à tout praticien d’exercer son art.
L’expertise de tous nous intéresse et je souhaite leur adhésion pour bâtir ensemble ce CHU et cette faculté de médecine qui sont encore nouveau-nés. L’histoire ne peut pas s’accommoder d’approximation et d’hésitations car il s’agit de l’intérêt des malades et des étudiants.

Des voix s’élèvent pour dire que le matériel destiné à une salle de cathétérisme est dans des cartons...
Oui, j’en ai entendu parler et j’ai mis personnellement cela sur le compte de l’impatience des usagers et de leurs familles, car malheureusement les malades sont transférés pour les pace et les stent soit à Tizi Ouzou, soit à Alger, avec toutes les contraintes objectives que nous rencontrons, comme la surcharge des routes et les retards de prise en charge.
La cardiologie interventionnelle à Béjaïa est un rêve tant caressé, comme la pénétrante, le gaz pour tous et le CHU. Elle permettra à la wilaya de prendre en charge la pathologie cardiaque, y compris faire des gestes invasifs tels que la pose de pacemaker, de stents, la coronographie, voire même le développement de techniques qui vont nous distinguer des autres établissements du pays : les techniques d’ablation qui coûtent les yeux de la tête à l’Etat lors de transferts à l’étranger.
Il s’agit donc d’une opération acquise après trois années de lutte acharnée et inscrite sous l’intitulé «Acquisition, pré-installation et mise en service d’une salle d’angiographie mixte coronaire et vasculaire diagnostique et interventionnelle au profit du service de cardiologie du CHU Béjaïa».
Nous sommes dans les délais pour sa mise en service et Béjaïa aura sa salle de cathé très bientôt, baptisée des noms de deux prestigieux médecins, mon maître, le professeur Christian Cabrol, médecin des pauvres à Paris, et le docteur Abdelkader Belabès, médecin des pauvres à Béjaïa. Connaissant la transition épidémiologique et le pourcentage des affections cardiovasculaires, on ne peut pas se payer le luxe d’être hors jeu sur cette question.
Par ces actions qui demandent beaucoup d’énergie et de disponibilité et grâce au soutien des pouvoirs publics qui ne demandent qu’à être éclairés et sollicités à temps, le CHU de Béjaïa est au cœur même de sa responsabilité sociale, quand bien même la contrainte infrastructurelle serait permanente.
En effet, avec ses structures éclatées (Khelil Amrane, Targa Ouzemour et Frantz Fanon), le CHU se trouve malheureusement le moins pourvu en lits d’hospitalisation, avec 470 lits pour une population de presque un million d’habitants.
A propos de la chirurgie, d’aucuns espèrent voir se raccourcir les délais d’attente pour les rendez-vous. Y a-t-il une solution pour arriver à cela ?
Nous avons inscrit pour la chirurgie justement, dans une dynamique de «ceinture de l’ogresse de la santé» dans la wilaya, pour paraphraser quelqu’un, un dispositif de jumelage intra-wilaya et inter-wilaya.
Ce dispositif consiste à mobiliser durant les week-ends les équipes du CHU dans toutes les disciplines au niveau des EPH de la wilaya, Kherrata, Aokas, Amizour, Sidi Aich et Akbou, en prenant en charge les patients présentant des pathologies bénignes nécessitant un geste chirurgical (lithiase vésiculaire, hernie, ectopie testiculaire…).
Ce programme qui répond aux instructions de Monsieur le ministre de la Santé vise à assurer une solidarité régionale intra et inter-wilaya, appelée jumelage, qui va permettre au CHU de récupérer sa vocation première qui est les soins de haut niveau, formation et recherche. Les directeurs des EPH, les chirurgiens, les AMAR sont tous invités à réussir cette action humanitaire d’envergure.

Pour finir, y a-t-il un espoir de voir le personnel du CHU s’humaniser dans ses relations avec les patients et leurs
accompagnateurs ?
Bien sûr que oui, d’autant plus que dans les orientations de la World Federation of Medicine (Fédération internationale de médecine) le premier critère exigé pour entrer dans le temple de la médecine réside justement dans les prédispositions psychologiques d’humanisme, de don de soi, d’altruisme et la passion pour ce métier ô combien noble mais souvent ingrat.
Tout cela entre justement dans la qualification de médecins Cinq étoiles, défendue par la Sidmef (Confédération internationale des doyens des facultés de médecine d’expression française) dont les experts ont eu déjà à nous orienter sur ce registre à Béjaïa.
A ce titre, le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, dans ses dernières orientations, a inscrit en priorité pour l’année 2018 une formation sur l’accueil et l’orientation en milieu hospitalier. Sinon, pour conclure, il ne devrait pas y avoir de lieu plus humanisé qu’un établissement de santé.

Par Kamel Medjdoub
Le Quotidien National El Watan du 21.02.2018

Également au CHU

Attention à l’AVC ! (Accident Vasculaire Cérébral)

' Les signes d’alerte sont la survenue brutale : - d’une faiblesse ou d’un engourdissement soudain uni ou bilatéral de la face, du bras ou de la jambe ; - d’une diminution ou d’une perte de vision uni ou bilatérale ; - d’une difficulté de langage ou de la compréhension ; - d’une perte de l’équilibre, d’une instabilité de la marche ou de chutes inexpliquées, en particulier en association avec l’un des symptômes précédents. NB : Dans le cas d’un accident vasculaire cérébral, les chances de rétablissement sont plus grandes si le traitement est intauré dans les 3h. Bureau de l’Information, de la Communication et d’Audio-visuel du CHU de Bejaia.'

CHU Béjaia Le 11-01-2017

Communiqué à l’attention des Voyageurs à destination du Gabon.

' Pour les supporteurs des verts qui veulent accompagner leur équipe au Gabon!! Ces mesures de prévention vous concernent. a.Vaccination obligatoire : •Vaccin anti-amaril (dose unique en IM) 10 jours avant le départ. (Vaccin déconseillé chez la femme enceinte et le sujet immunodéprimé) b.Chimioprophyllaxie anti paludéenne : •Méfloquine cp 250 mg -1cp/ semaine -7 jours avant le départ -Pendant tout le séjour -03 semaines après le retour •Ou, atavaquinone : Cp à 250 mg + proguanil 100mg cp - 1 cp/ jour ; le jour du départ - Pendant le séjour - 07 jours après le retour c.Sensibilisation des voyageurs : -Prévention contre les maladies sexuellement transmissibles (VIH, SIDA etc. …….) -Eau minérale à boire -Lavage à l’eau potable des fruits et légumes -Lavage fréquent des mains -Port de vêtements légers et couvrants -Chaussures fermées -Utiliser des produits répulsifs (lotion, spray, crème) contre les moustiques sur les parties non couvertes et renouveler régulièrement l’application. -En cas de fièvre consulter immédiatement un médecin (pendant ou après le séjour). Pour plus d’information, veillez prendre contact avec le service des Maladies Infectieuse. Merci de prendre ces précautions. Bureau de l’Information, de la Communication et d’Audio-visuel du CHU de Bejaia. '

CHU Béjaia Le 11-01-2017

«Le cancer colorectal est classé en tête à Béjaïa»

' Dans le cadre du plan cancer 2015-2019, la wilaya de Béjaïa a été choisie comme point de départ d’une campagne nationale de dépistage précoce du cancer colorectal. Conduite par la Société algérienne d’oncologie médicale, cette campagne est lancée en collaboration avec la direction de wilaya de la santé et de la population, le CHU et la faculté de médecine de Béjaïa, sous le haut patronage du ministre de la Santé, de la population et de la Réforme hospitalière. Cette campagne pilote, qui a débuté effectivement le 2 janvier à Souk El Tenine, a démarré officiellement jeudi dernier à l’auditorium du campus d’Aboudaw, de l’université Abderrahmane Mira, en présence, entre autres, du directeur de wilaya de la santé, du Directeur Général du CHU, le professeur Danoune, du recteur, Saïdani Boualem, et des membres de la Société algérienne d’oncologie médicale, présidée par le professeur Bouzidi. Le choix de Béjaïa pour le lancement de cette opération nationale n’est pas fortuit. Le cancer colorectal est classé premier dans cette wilaya, avec 12 nouveaux cas sur 100 000 habitants sont détectés chaque année, indique le professeur Hamdi Cherif Mokhtar, directeur du registre du cancer de Sétif et membre du comité d’exécution du plan national cancer. Ce qui fait que sur les 814 cas détectés, 144 sont des cancers colorectaux, indique, pour sa part, Athmane Mehdi, chargé de communication auprès du CHU. «Le cancer colorectal est classé premier à Béjaïa et deuxième à l’échelle nationale, avec entre 4000 et 5000 cas chaque année chez les hommes. Nous devons faire de cette opération pilote un modèle, notamment en mettant le patient au cœur de nos préoccupations», plaide le Pr Bouzid. Au cours de l’année 2017, la campagne de dépistage précoce sera élargie aux wilayas de Laghouat et Batna dans un premier temps, avant de se généraliser à l’ensemble du territoire national. Quatre-vingts volontaires, hommes et femmes, sont déjà passés entre les mains de l’équipe multidisciplinaire déployée sur le terrain à Souk El Ténine, informe le professeur Danoune, qui ajoute que l’opération-étude, qui cible la population à haut et moyen risques, dont l’âge varie entre 50 et 74 ans, a permis de détecter un cas positif qui est immédiatement pris en charge au niveau des différents services concernés du CHU. Après Souk El Tenine, l’équipe sera déployée à Melbou et Amizour, avant de s’étendre à toutes les communes pour cibler le maximum de personnes de cette tranche d’âge, qui représente 10% de la population de Béjaïa, indique-t-on. Ces sorties sur le terrain sont appuyées par les associations, les infirmiers et les médecins généralistes. Sensibilisation Plusieurs objectifs sont assignés à cette étude. Elle doit permettre à l’équipe, selon le professeur Bouzid, d’aller constater de visu sur le terrain et de donner des directives, avec en ligne de mire la pérennisation de l’opération. Mais l’objectif principal reste la détection à temps du cancer colorectal. «Il faut savoir que 70% des cas de cancer colorectal sont détectés tardivement. Or, s’il est détecté précocement, la médecine permet aux personnes atteintes de guérir à 100% de ce mal», fera savoir le professeur Hamdi Chérif Mokhtar. Comme en France et dans les autres pays qui se sont lancés dans la prévention et la détection précoce du cancer, ce dernier a baissé sensiblement. L’Algérie semble avoir opté pour cette voie qui permettra de sauver des centaines de vies. La démarche, inscrite dans le long terme, portera ses fruits dans 20 ans, a expliqué Pr Bouzid. Mais pour que les objectifs soient atteints, des moyens matériels, logistiques et humains doivent être déployés, afin de garantir une prise en charge efficace des patients testés positifs. Pour ne citer que deux exemples, la wilaya de Béjaïa ne dispose ni de mammographe ni de service de radiothérapie. «Nous devons répondre avec des moyens», insiste le Pr Hamdi Cherif Mokhtar. En outre, en plus des tests médicaux de dépistage, l’opération sur le terrain est une occasion pour l’équipe médicale de se frotter à la population en vue de la sensibiliser à adopter certains comportements et en finir avec d’autres. Dans cette optique, la sensibilisation, dans laquelle doivent également s’impliquer d’une façon active les associations et les médias, doit porter sur la qualité du mode de vie et des habitudes alimentaires des populations. Ces dernières tendent à s’occidentaliser, explique le Pr Bouzid, et cela n’est pas pour rien dans la propagation du cancer en Algérie. «Il faut désoccidentaliser notre mode d’alimentation et revenir au mode méditerranéen et à une alimentation à base de fruits, légumes, céréales etc.», préconise le Pr Bouzid. Source : El Watan, du 08 Janvier 2017 Auteur : M. Hamed Khodja. Bureau de l’Information, de la Communication et d’Audio-visuel du CHU de Bejaia'

CHU Béjaia Le 08-01-2017

L’accueil et la qualité des soins au menu

' Journée de formation au profit de l’administration Une session de formation au profit des administrateurs du CHU a été organisée, samedi dernier, à l’initiative de la direction de l’établissement dans un établissement hôtelier privé de Tichy. Elle a été animée par Madjid Salmi, maître de conférences classe A, enseignant à l’université de Tizi-Ouzou et à l’Ecole Nationale de Management de la Santé et spécialisé en Economie de la Santé. L’hôpital d’aujourd’hui, la contractualisation des relations entre les bailleurs de fonds et les prestataires de soins et, enfin, l’évaluation de la qualité de soins ont été les principaux thèmes sur lesquels l’orateur s’est étalé durant sa conférence. Pour initier ces nouveaux administrateurs à la conception professionnelle d’une structure hospitalière, le conférencier décortiquera, tout d’abord, les différentes options architecturales des hôpitaux et unités de soins en insistant sur les règles auxquelles obéit leur conception. Du modèle pavillonnaire au modèle d’intégration en passant par ceux de superposition et de juxtaposition, tout a été expliqué par Madjid Salmi qui fera remarquer que le malade, le médecin et l’équipe des soins sont les trois principaux usagers qui sont pris en considération dans les exigences, pour la réalisation d’une structure hospitalière. Il parlera, également, des différentes entités de l’hôpital lesquelles assument différentes fonctions, quoique complémentaires. L’orateur dissertera largement sur les services des urgences qui sont considérés comme le véritable point fort ou de faiblesse d’un hôpital. Les outils de l’évaluation quantitative et qualitative de ces services ont été également développés. Le système d’information a pris beaucoup de temps lors de cette conférence. Celui-ci regroupe, soulignera l’orateur, une grande variété de ressources allant de l’humain à l’informatique, lequel a, par ailleurs, un impact sur les autres composantes de l’entreprise. Il expliquera les différentes fonctions du système d’information en commençant par la collecte jusqu’à la diffusion en passant, bien entendu, par le stockage et le traitement. Toujours dans le cadre de cette formation, l’assistance a été informée du rôle que jouent les différentes structures de soutien au ministère de la santé, tel que le conseil national de la santé, l’institut de la santé publique, l’école nationale de la santé publique, le laboratoire de contrôle des produits pharmaceutiques et autres. Le professeur Abdelmalek Danoune, directeur général du CHU, dira à propos de cette journée d’étude qu’elle a pour objectif de former les administrateurs, dans le but de leur faciliter l’intégration dans le circuit professionnel. Il dira, également, que l’accueil et la place d’un administrateur dans un hôpital sont les principaux axes de la rencontre. Source : La Dépêche de Kabylie du 02 Janvier 2017 Auteur : A. Gana Bureau de l’Information, de la Communication et d’Audio-visuel du CHU de Bejaia. '

CHU Béjaia Le 03-01-2017

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